Tu ne vas pas manger ça, c’est pour les « chest-bras« !!! Des mythes autour de l’entraînement et de l’alimentation, il y en a et il y en aura toujours. Je ne prétends pas, avec cette chronique, leur faire la vie dure et tenter de les envoyer au tapis. Loin de moi l’idée de prétendre posséder le savoir de la subtilité de cette science qu’est la nutrition. Mais combien de fois ai-je pu entendre: « Arrête de t’entraîner autant, tu vas devenir une femme avec des trop gros bras, pis c’est pas beau. » D’ailleurs, pas beau selon l’échelle dictée par qui, dites-moi, et précisez, ensuite, votre définition de « gros bras ». À partir de quelle mesure peut-on affirmer porter le gros bras?

J’ai récemment voulu rencontrer un professionnel de la nutrition. Les raisons qui mènent chaque personne à franchir les portes de la caverne du savoir de n’importe quel professionnel de la santé demeurent toutes aussi valables les unes que les autres. Que ce soit pour augmenter sa masse musculaire, diminuer son pourcentage de gras, trouver l’équilibre, combattre un état de fait (être céliaque: bonjour Mel!), un nutritionniste peut s’avérer utile. Mais ô combien intimidant! Je ne voulais rien, mais alors là rien savoir des « pinces de désincarcération« . Pas question de me retrouver la proéminence abdominale exposée au grand jour! Pouvais-je échapper au supplice, feindre un quelconque malaise pour éviter l’affront, l’humiliation totale?

imageJ’avais excessivement peur de ce rendez-vous. Qu’allais-je trouver comme personnage calé dans son confortable fauteuil? Frankenstein allait-il se matérialiser devant moi pour me faire faire vingt-trois cabrioles avec mon alimentation? Et si je devais changer ladite alimentation? Et si je devais sortir de mes confortables habitudes? Je mange tellement de fruits et de légumes, impossible que quiconque puisse trouver quelque chose à redire sur le sujet. Alors pourquoi consulter? J’ai mis plus d’un an à me décider. Puis, j’ai foncé, j’ai saisi l’occasion qui s’est présentée. Les coachs jouissent d’un pouvoir d’influence, une confiance à faire rager n’importe quel parent. Si le coach le dit, alors c’est vrai. Pourtant, maman martèlerait la tête de fiston avec le même discours, rien n’y ferait. Mais si le coach le dit, ça revient à « Jean dit ».

Et puis j’ai découvert beaucoup en m’asseyant sur la chaise que je croyais toute aussi maudite que le spécialiste en question. Bien sûr, j’avais des devoirs, des changements à mettre en branle. « On va gérer tes glucides autrement, mange plus de protéines, bois plus d’eau… » Ggggrrrrrrrrr! Quelle a été ma réaction en sortant de l’antre de la bête? Rage et colère. Pourquoi? Parce qu’on m’a dit la vérité, parce qu’on ne m’a pas félicité, parce qu’on a osé me dire que je n’avais pas raison… Oh! Susceptible la madame? Oui, légèrement… C’est tout à fait moi ça… Rager 24h, mais finir inévitablement par trouver des solutions, établir un plan de match et puis rire, puis rire de moi encore, de mes réactions contradictoires et oui, parfois stupides!

J’AI pris rendez-vous, J’AI demandé conseil. Pourquoi Diable me fâcher? Parce que je ne savais pas, parce que je n’y arrivais pas seule, parce que j’étais dans l’ignorance et que je tenais même à y rester! Je souhaitais des changements en répétant les mêmes actions. Quelles sottises!

J’ai digéré, j’ai accepté. J’ai même acheté le pot de protéines en poudre que j’attribuais, à tord, aux hommes forts! Oufff… Quelle humiliation sur le moment. Je n’assumais pas, mais pas une miette! Je l’ai caché en arrivant à la maison. Je ne voulais même pas le voir dans mon champs de vision. Non mais quelle honte! Quelle preuve de mon inefficacité alimentaire! J’allais, à coup sur, devenir une femme à gros bras si je prenais ça, c’était d’une évidence cartésienne…

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Depuis, je me suis questionnée: et si je découvrais que je ne me privais pas tant que ça et que je ne m’acharnais pas tant que ça non plus? Je ferai des choix, que j’assumerai. Ils seront parfois sains, parfois non. Point barre. Pot de protéines en poudre ou pas, qu’il en soit ainsi. Du chocolat et des chips c’est bon. Surtout au chalet pendant les longs weekends. Ingurgités après la course en sentier et la longue marche en montagne, ils compteront moins. Si? De toute façon, nous avons une loi non-écrite qui stipule que ce que l’on mange au chalet reste au chalet. Rien ne se transpose dans le popotin. La pensée magique aide parfois à dédramatiser! Mais un seul problème se pose avec ma théorie du chalet. C’est que tout comme la réalité, elle nous revient en plein visage le lundi matin. Mieux vaut donc tenter de viser l’équilibre… Question de moins déstabiliser le popotin!

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