On a tous une peur « poche »… Parfois assumée, parfois cachée… On a tous aussi le goût de briller, d’être l’étoile montante de quelqu’un… Qu’est-ce qui fait donc allumer la mèche du dépassement? Pourquoi vouloir vaincre, aller plus loin? Confrontée à ma peur deux fois en cinq jours (l’eau), j’ai trouvé l’expérience toute sauf singulière! J’ai donc eu la liberté de penser que plusieurs motivations devaient exister pour réussir à se dépasser. Les deux événements qui m’ont forcé (sous la menace de la torture, évidemment !) à le faire étaient de nature très différente et les raisons accollées à ces choix (oups… l’exagération liée à la dernière parenthèse est débusquée!) l’étaient tout autant.

Des raisons pour se dépasser, il y en a de bonnes et de moins nobles… En fait, le qualificatif à y associer dépend probablement beaucoup des yeux avec lesquels la personne regarde la situation, ou en juge. Difficile, voire même donc très hardu (lire pratiquement impossible), de faire une liste non seulement exhaustive, mais également graduée du phénomène. Voici donc tout de même donc une liste, flanquée d’une petite dose d’humour, qui propose et fait l’éloge de 5 grandes raisons qui peuvent pousser l’être l’humain à repousser ses limites.

5- Pour épater la galerie
Show-off, peut-être. « Gambler », probablement. De sexe masculin, sûrement! C’est le syndrome du « té pas game ». Le mâle alpha qui veut prouver sa valeur, se donner une raison d’être vu. C’est le « chest-bra » des temps modernes! N’en demeure pas moins qu’un peu d’encouragement produit toujours son effet. Que ce soit pour une raison (sauter par-dessus un « char » en feu) ou une autre (gagner le concours d’hommes forts de Warwick), le tape-à-l’œil existe dans le regard de l’autre. Ces quelques lignes peuvent sembler accablantes et négatives. Or, il n’en est absolument rien. Plusieurs ont tendance à juger négativement cet oiseau rare. « Check-le dont qui se pense bon ». Et si oui, il se trouvait vraiment bon? Et si oui, il était vraiment bon? Peut-être qu’il deviendrait alors ainsi l’inspiration d’une autre personne. Peut-être qu’il ferait pousser des ailes dans le dos d’un admirateur. Peut-être qu’il ferait jaillir une étincelle dans l’oeil espiègle et candide d’un enfant? On a tous notre heure de gloire à un certain moment. Il faut croire en soi et en nos rêves. Peut-être que de vouloir provoquer ce moment euphorique ne fait d’accélérer le désir de continuer et de se surpasser ainsi?

4- Pour dépasser vos limites personnelles
Les limites que nous nous imposons sont bien souvent psychologiques. D’où peuvent-elles bien provenir? De notre enfance, de nos croyances, de nos expériences, d’une petite voix intérieure (sans doute nasillarde et désagréable) qui crie en silence dans nos têtes à grands coups de « je ne peux pas le faire », « je n’y arriverai pas », « je suis incapable de surmonter ça »… Est-ce un sentiment de « déjà entendu »? La détermination à faire taire cette voix peut certainement devenir une motivation à se dépasser. C’est enivrant de s’élever au-dessus des mots « je ne peux pas y arriver », d’entendre le vent gifler cette voix nasillarde à la vieille rengaine, d’entendre alors dans notre tête une toute nouvelle ritournelle, qui chante plutôt quelque chose comme « j’ai réussi, j’y suis arrivée, j’ai vaincu! » La fierté personnelle; grisant comme phénomène. Sentir qu’on a dompté la bête, que le contrôle est revenu entre nos mains. En faire l’expérience une fois est peut-être l’occasion de faire monter une adrénaline que l’on voudra certainement ressentir à nouveau?

3- Par amour, par désir de plaire, pour faire plaisir à l’autre
Ce que l’on ne ferait pas pour faire plaisir à nos enfants (conjoint(e), amis, famille, …): « j’ai peur de l’eau, mais les enfants veulent aller à Val-Cartier, j’ai peur de l’avion, mais ma famille veut aller à Disney, j’ai peur des serpents, mais les gars veulent visiter le pavillon des reptiles, j’ai peur des hauteurs, mais la gang part faire arbre en arbre ». Pour faire plaisir, on fini par flancher et accepter de se mettre en situation inconfortable. Vous connaissez ce feeling de « viens dont maman!?! » Le plus drôle dans tout cela est que oui, nous en sortons parfois très éprouvés, de par le grand effort que nous du avons fournir pour passer à travers le moment, la journée ou l’activité. Effort moral, physique, psychologique, affectif… Tout y passe! Mais il arrive aussi que nous puissions découvrir une nouveauté et y prendre plaisir. Y trouver son compte, dans ce qui nous faisait peur, voilà une sensation puissante de dépassement! Lire aussi le plaisir dans les yeux des autres, les voir heureux de partager leur moment de bonheur avec l’être cher, alors que ce « plaisir » lui fichait la trouille à prime-à-bord, c’est étonnant, mais oh combien stimulant ensuite! Finalement, la personne qui expérimente le dépassement a du fun, et l’autre a du fun a le voir avoir du fun, alors tout le monde a du fun!

2- Pour l’appât du gain
Vous penserez probablement à l’aspect pécuniaire derrière l’affirmation. Je ne pensais pas à cette possibilité au départ. Il y a peut-être effectivement une attraction monétaire reliée au dépassement (gagner la course pour monter sur le podium et rafler trois tonnes de commanditaires), mais je pensais d’avantage au côté affectif. Vous savez, ce moment où vous vous dîtes que le jeu en vaut la chandelle, cet instant où vous comprenez que si vous passez par-dessus l’obstacle (genre faire une petite balade, d’un petit 15 minutes, en petit maudit zodiac sur la mer), vous pourrez trouver de l’autre côté quelque chose d’unique, de merveilleux, de splendide (après le zodiac: une île grandiose, ceinturée d’une nature gargantuesque, après l’avion: un voyage mémorable où le majestueux Big Ben saura vous faire oublier qu’il faut reprendre l’avion pour revenir…). Le plaisir associé au dépassement passe donc par l’appât du gain. (Il arrive même qu’on découvre que le zodiac sur la mer, ça peut être le fun!)

1- Pour recouvrer votre autonomie, surfer sur la vague de la liberté
Cette peur qui nous horripile, qui dort dans le placard… Celle qu’on laisse bien empilée sous une grosse tonne de boîtes. C’est parfois une stupidité (pas si stupide dans l’esprit de la personne qui est pris dedans!) que cette « chose »: passer la tondeuse, faire les repas, croiser un gros chien, sauter dans l’eau, prendre l’avion…) Vous croyez que j’exagère? Observez votre entourage, épiez subtilement, scrutez autrement. On a tous un lourd boulet quelque part, bien accroché à notre cheville. On se complaint parfois longtemps dans l’évitement. À force d’éviter, arrive l’inévitable: la peur devient si grande qu’elle se transforme en crainte logiquement inexplicable (genre avoir peur de faire brûler la cuisine en faisant un repas, de se broyer le pied sous la lame de la tondeuse si on ose faire le gazon, de se noyer en sautant dans la piscine…). Puis, subitement (suite à une séparation, une lubie momentanée ou le simple momentum où on se dit « non mais là, ça va faire!« ), on se retrouve nez-à-nez avec la bête. Après tant d’années à se trouver dans le clan handicapant du « non« , c’est le moment de plonger. Ou de replonger. À bout de quémander l’aide du voisin ou du beau-frère au vocabulaire fleuri et coloré? Tanné de refuser les invitations à cause de l’épée de damoclès? C’est le signal. Une pancarte lumineuse à pois verts clignote haut et fort dans le ciel et nous « passe la puck ». On décide alors de se retrousser les manches et d’anéantir nos démons. Exit la peur, bienvenue la détermination! On se dépasse pour se retrouver. On déterre pour mieux enterrer. Je pense que ça aussi, ça peut mener à se dépasser!

Au final, je pense que de grandes ramifications existent entre chaque point. Chaque contexte de dépassement peut louvoyer vers un autre et s’imbriquer partiellement dedans. On peut vouloir se dépasser pour soi, pour sortir notre peur de l’armoire, mais aussi parce qu’on veut voir la lumière, le gain, l’amour de l’autre dans ses yeux. Une notion reste essentielle à aborder: celle de la reconnaissance. Voir la reconnaissance dans les yeux de l’autre est un phénomène glorifiant. Mais il est encore plus grandiose lorsqu’on arrive à le ressentir intrinsèquement. Que l’on souhaite le faire pour soi ou pour l’autre au départ, le geste saura inévitablement faire écho sur notre personne. Nous sommes plus souvent que nous le pensons notre propre héros. Le mieux est simplement de le faire, question de vivre, d’expérimenter la reconnaissance personnelle. Pour se libérer, se dépasser, se féliciter, s’apprécier… Tant mieux si l’autre remarque, félicite. Mais n’oubliez pas que la reconnaissance existe dans les yeux de ceux qui veulent bien partager notre présent, l’espace d’un instant. Mieux vaut donc choisir avec soin à travers quels yeux nous souhaitons voir mirer ce reflet. Il sera d’autant plus signifiant si la lueur vient d’un regard connu et inspirant, auquel nous souhaiterons tout autant rendre la reconnaissance, éventuellement.

Je vous partage mon moment de dépassement, assise dans le petit « maudit » zodiac pour nous rendre sur ladite île… Je vous laisse deviner quels numéros de ma liste j’ai pu expérimenter!

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