C’est un vieux, très vieux sage qui a donné de l’ampleur à cette phrase. Prise ainsi, sans contexte particulier, le principe semble assez simple. Mais bien se connaître peut prendre toute notre existence! Vieillir permet tout de même de donner vie à cette citation. Se connaître, c’est savoir ce que nous aimons, ce que nous sommes, comment nous réagissons, comment nous évoluons. Cette énumération peut s’appliquer dans plusieurs domaines: en amour, en amitié, au travail, mais aussi à l’entraînement. Mais avant de bien se connaître en tant que sportif, il nous faudra nous forger une base de connaissances autour de plusieurs concepts précis tels que la force, la flexibilité, la puissance, l’endurance, l’alimentation, le sommeil, la psychologie sportive… Mais qui sommes-nous donc finalement à travers toutes ces notions?

Il peut parfois sembler fort éprouvant d’éplucher des tonnes de bouquins pour comprendre. Inévitablement, l’Homo erectus que nous sommes se retournera vers l’ internet, les amis, les coachs… Si vous tombez sur une personne comme moi, vos journées après mon passage pourraient vous sembler interminables. En effet, j’aurai posé tant de questions que vos synapses pourraient ne plus posséder l’énergie nécessaire pour envoyer de l’information à vos neurones. Non pas par vampirisme (tout de même, je sais me tenir!), mais bien par désir de comprendre. Une journée où je n’apprends rien en est une de perdue. Or, je refuse que mon popotin soit plus usé que mes hémisphères. Solution: tenter de comprendre en soumettant toutes mes interrogations. Une mention d’honneur ici, en passant, à mon cher coach passionné…

Après cinq ans de musculation du cervelet, je commence à savoir un peu jongler avec des concepts tels que la force, la vitesse, l’endurance… Une matinée particulièrement animée au gym, je discutais avec une fille vraiment inspirante. Je ne connais même pas son prénom. Mais elle est toujours là, souriante, à encourager, à reconnaître et à nommer même les forces de l’autre. Merci chère inconnue à moitié connue, sache que c’est très apprécié! Nous dissertions donc autour du fait que la nature ne nous avait nullement nanti, ni l’une ni l’autre, d’aucune forme d’endurance cardiovasculaire. Elle a pourtant parcouru un marathon complet il y a quelques temps; et un deuxième pour se prouver que le premier n’était pas un coup de chance! Tiens, que je me dis, une autre excessive comme moi… Nous exprimions alors ouvertement nos doléances à la dame de l’immaculée conception. Pourtant assez fortes toutes les deux, nous n’étions absolument pas en accord avec le sort que notre génétique nous avait réservé. Nous clamions donc haut et fort que la nature ne savait pas donner l’équilibre, qu’il serait oh combien agréable (lire flatteur), de performer équitablement partout, question de développer un esprit sain dans un corps sain. C’est en faisant mon programme en hypertrophie (question de me gâter l’égo avec quelques réussites musculaires) que la réflexion m’est venue:

L’entraînement c’est comme les cheveux: on n’est jamais doté de ce qu’on voudrait!-

Ils sont courts, on les aimerait longs. Frisés, on les souhaiteraient raides. On se questionne: pourquoi ne sont-ils pas plus volumineux? Trop de blanc, trop de frisotis, trop de pas assez… Ça y est? Vous y êtes? Parions qu’en ce moment, j’ai réussi à vous faire relever un côté de vos lèvres, et qu’un petit rictus est en train de se former. Pas vrai?

À l’entraînement, c’est la même chose. On est puissante, on aimerait être endurante. Rapide, on court après la force. Endurante, on souhaiterait rejoindre Usain Bolt… On peut toujours raidir nos cheveux au moyen d’un bon fer plat. Mais au final, aucune technologie ne nous sauvera de la terreur du frisotis, de la crinière du « touf-touf » après un avant-midi passé dans l’humidité.

L’excessive en moi n’est jamais bien loin. Je n’ai qu’à ouvrir mon application Endomondo et à regarder le nombre d’heures total d’entraînement effectué dans le mois pour m’en convaincre. J’y vois tout de même alors un phénomène assez hilarant. Pour être fière de moi (lire minimalement satisfaite), j’ai besoin de voir que je me suis entraînée suffisamment et dans différentes sphères. Bien que mes yeux ne sachent que très subtilement remarquer les couleurs différentes qui illustrent les différents sports pratiqués, j’arrive tout de même à décoder une chose: dame ADN me nargue, se moque de mes perceptions, rit ouvertement de moi, un tant soit peu. Elle me fait comprendre, grâce à mon résumé mensuel, que ce n’est pas à elle de programmer l‘équilibre, mais que c’est à moi de le trouver. Lorsque je regarde danser toutes ces couleurs sur mon écran, je vois l’équilibre. Je travaille autant en force, en souplesse, en vitesse, qu’en endurance. « Things that makes you go hummm… » Bien sûr, certains entraînements me semblent plus faciles. Parions que ce sont ces journées où la force musculaire est à l’honneur dans mon entraînement! Malgré donc cette matinée à brailler sur mon sort, force est d’admettre que la nature sait faire son boulot. Si j’avais de la facilité dans tout, où trouverais-je la motivation de persévérer? Comment saurais-je continuer sans m’ennuyer? Comment pourrais-je déterminer les prochains défis à relever? La fierté de l’excessive serait certes très enchantée. Mais la motivation de cette même excessive en serait fort certainement entachée. Aller hop! Continue de grimper des montagnes si tu veux travailler ton endurance, fais tes intervalles si tu veux courir plus vite. Monsieur corps humain te fera certainement des clins d’oeil!

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