Il y a de ces journées où je refuse, je m’entête, je m’obstine, je continue de nier. Les seuls messages perçus par mon cerveau semblent ressembler à un épicentre, un bourdonnement sourd et hystérique de commentaires négatifs en ébullition. Mes performances, mon degré d’énergie… Tout y passe; juste pour être bien certaine de ne retenir que des déceptions. Il semblerait que la nature humaine soit ainsi faite : le cerveau humain «shire» souvent du côté sombre. Alors en boucle, ça résonne dans ma caverne frontale : pas d’énergie, pas assez lourd, pas assez vite, trop faible… C’est comme Darth Vader en fait. Pas assez d’énergie pour vaincre ses vraies peurs. Pas assez lourd pour peser le pour et le contre. Pas assez vite pour battre Luke Skywalker. Trop faible pour admettre la faiblesse de son raisonnement. Oui mais PERSONNE ne veut ressembler à ce personnage qui, même mythique, ne représente absolument pas un icône potentiel d’absolu à atteindre! Moi, je préfère mon monde de Calinours où tout le monde est beau, positif et gentil envers l’autre. Alors pourquoi je me laisse si souvent emporter par cet aspect infect et négatif du personnage? Ça y est, j’y suis… Je ne fais pas pour moi ce que je fais pour les autres. Je me traite avec mépris et je refuse de me laisser la chance de gagner

Ayant réalisé le tout dernièrement, j’ai décidé de tenter le coup. D’essayer de tasser monsieur Darth. J’essaie d’ouvrir mes yeux un tant soit peu. À ma plus grande surprise, ils semblent capables de laisser filtrer un jet de lumière, sachant offrir une toute nouvelle danse à ma matière grise. De petites étincelles embryonnaires paraissent jaillir de mon iris. Résultat, j’arrive enfin à analyser la situation clairement sous un tout autre angle. J’ai étrangement la sensation de vivre une résurrection… En fait, c’est même l’illumination! Dans ces petits moments de grâce, je peux reconnaître MES succès. J’arrive à enligner une série de petites victoires et à me trouver finalement bonne à quelque chose : je vois le progrès, je ressens l’essor, je vis la transformation. Coach, si tu lis, en ce moment, je sais que tu souris.

Ma nature excessive aime constater des évolutions. J’aspire aux gros changements et puis rapides en plus! Inutile de vous préciser qu’avec ce genre d’attentes, on peut souvent abdiquer mentalement…Ce doit être pour ça que je sombre vers mon connard d’ami limbique Darth. N’en tient qu’à moi de réaliser la scène finale du film et de le pousser dans le néant, ce perturbateur de perceptions, ce sapeur de succès.

C’est ainsi que j’ai réalisé que la semaine dernière, j’ai réussi mes séries de push-up avec un élastique moins souple. Je suis encore en entraînement pour arriver à faire UN muscle-up. Pas facile. Allô les triceps de Schwarzenegger, le dos de Hulk et les épaules de Louis Cyr! Mais changer l’élastique, C’EST une petite victoire. J’étais tellement contente, que je les ai même pris en photomes élastiques …

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Deux entraînements en une journée, je considère ça comme un succès? Gym suivi de course au moins une fois semaine l’an dernier. Mais je ne voyais pas que c’était un beau « wow« . Je l’ai réalisé il y a quelque temps, alors que j’ai lorgné vers la boxe. Et pourquoi pas, que je me disais! D’emblée, je peux affirmer une chose : aucun talent naturel pour ce sport. Honnêtement, je me demande même si j’ai un quelconque talent naturel pour un sport en particulier? Probablement pas… Mon sport naturel, moi, il se passe dans ma tête. C’est vitesse fulgurante à laquelle mon cerveau « spin ». Parfois c’est si vite, que je ne suis même plus moi-même le fil de mes idées. Bllllluuup! Parties en fumée la dernière pensée! Qu’est-ce que je disais déjà? (ok, trop facile…!) Toujours est-il que, puisque dans ma journée de congé hebdomadaire, je me rends toujours au gym en matinée, je n’ai pas fait d’exception ce matin-là, sachant très bien que l’entraînement de boxe n’était prévu que pour la soirée. Arrivée donc au tout nouveau club de Boucherville (allez-y, c’est bien!) je me rends compte que le coach propose un entraînement mixte, soit cardio, musculaire et boxe, d’une heure et demi! Euh… c’est que la championne de 37 ans que je suis a déjà fatigué ses muscles ce matin. Qui plus est, elle se mesure à des petites jeunesses. Vais-je arriver à les suivre? Ça y est, je me mets à avoir peur. Et si je n’y arrivais pas? Et si tout le monde disait que «la vieille», est justement vieille? Et bien non! J’ai très bien suivi tout le long de l’entraînement. Je l’avoue, j’en étais fière. Mais à qui cette pensée pouvait bien profiter autre que moi? Un pas de plus vers l’affrontement Darth VS Val.

Une autre petite victoire a été de constater à quel point je suis arrivée relativement facilement à franchir les obstacles lors de la Prison break cet été. Mon psychologique avait depuis longtemps pris le dessus. J’avais SI peur… À voir ce que j’ai pu grimper, soulever, transporter durant la course, je me demande ce que j’aurais pu faire si mes hémisphères avaient eu le dessus sur ma peur… Le slogan du gym que je fréquente est «Redécouvrez ce que votre corps peut faire». Je vais commencer à croire que c’est réellement possible, même dans mon cas!

Mais le plus beau dans tout ceci, c’est de réaliser, et ce dans un moment d’euphorie absolu, que je suis capable de tenir le rythme et d’exécuter des mouvements assez complexe, en étant nez à nez avec une personne que j’admire particulièrement. Une folie d’une amie (merci Brigitte Goudreault!) m’a amené à rencontrer Tony Horton, l’homme derrière le légendaire programme P90X. J’ai pu m’entraîner avec Tony Horton (et même avoir une photo avec lui!!!) et ne «fouerrer» élégamment qu’au dernier exercice! En fait, c’est exactement au moment où je suis sortie de ma zone de concentration, pour réaliser ce que j’étais en train de faire, que mon mental a flanché. J’ai levé ma tête. Il était là, pas loin. Il semble y avoir eu un court-circuit dans ma tête. «Mais tu réalises ce que tu es en train de faire, miss?» Flop, les abdos ont lâché. J’avais réussi TOUT le reste!

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Au final, je me rends compte que de cumuler mes petites victoires me fait du bien, à MOI. Le regard des autres est une chose, le nôtre en est une autre. Les gens du boulot m’associent énormément au sport. Moi, sportive? Bin non! On me propose même des activités sportives. Mais je ne suis pas une «vraie» sportive! Nous réprimons trop souvent nos succès, par peur d’être fatiguante, hautaine, de passer pour la fille à la grosse tête… J’espère que ces petits succès sportifs étalés ici sur la place publique vous inspireront à nommer et à reconnaître les vôtres. Coup donc, serais-je devenue une sportive?

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