J’ai toujours un regard admirateur lorsque « j’espionne » au gym. J’observe la technique parfaite, l’équilibre inébranlable, le poids incommensurable… Garçon ou fille peu importe. Je suis facilement impressionnée par ce qu’un corps en mouvement peut faire. De mon côté, par contre, c’est loin d’être la même histoire! Malgré tout ce que je peux réussir, ce n’est jamais suffisant. La devise des Jeux Olympiques, je l’intègre, je l’ingère et je la gère dans mes entraînements depuis longtemps… Appelez ça de l’excès, je nomme ça la motivation!

M est la meilleure au « squat ». Elle est imbattable! Quelle technique en plus… Rien ne bouge, tout se passe en douceur. Il y a ce pompier aussi, l’autre jour, qui exécutait magnifiquement bien la posture du corbeau au yoga. Et c’est qu’il la tenait vraiment longtemps! J’ai osé lui demander conseil. Ça a semblé le surprendre, mais je voudrais bien réussir à en faire autant… Il y a aussi le super équilibre d’A et B. Mais comment peuvent-elles réussir à tenir sur la tête et rester si droites? Et que dire de ces haltérophiles si puissants qu’il font plier la barre tant les poids sont lourds… Ceci dit, une grande réflexion perdure au bout de ma langue: pourquoi priver nos modèles d’inspiration de nos bons mots? Reconnaître les capacités d’autrui n’empêche en rien les nôtres d’exister!

Je pourrais rester avec ces envies d’être ou de faire. Je pourrais contempler et admirer. Mais je refuse de laisser passer la parade! Admirer peut servir de base, de prémisse pour le futur. C’est souvent à travers ces observations que j’arrive à découvrir ce que je peux faire… Ou pourrai faire moi aussi, si je décide de mettre la discipline et le travail nécessaire en ce sens. Souvent, ce qui nous empêche d’avancer, c’est la peur.

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J’ai lu ce matin un billet de Tony Horton, cet entraîneur hilarant que j’aime tant, derrière entre autres, le P90X. Il disait, dans son billet, qu’il nous fallait savoir utiliser la peur. Or, comme me le répète souvent le « coach »chaque fois que je suis morte de trouille devant un nouvel exercice, pour moi, la peur c’est une grande source de motivation pour agir. Derrière mon admiration se cache souvent une certaine forme de peur. C’est le point de départ que j’utilise. Puis, je me mets à essayer, à travailler pour arriver à exécuter ce que je veux. Je commence ensuite à prendre conscience, puis à y croire. Ainsi, je dois l’avouer: souvent, je réussis! Plus je travaille, plus je me rends compte que j’arrive à faire ce que mes modèles établissent comme niveau de performance.

Mais qu’en est-il lorsque c’est nous qui devenons l’objet de telles marques de reconnaissance? Oh! Là, il s’agit d’une toute autre histoire…

Vous découvrirez, dans mon premier billet dans la nouvelle revue PARCOURIR, que j’ai une certaine façon d’être avec tous les nouveaux au gym. D’abord ils sont faciles à reconnaître, ils ferment les programmes de tout le monde dans l’ordinateur, bien sans le vouloir! Outre cet état de fait, les nouveaux sont souvent gênés et disons le, morts de trouille. Bien peu l’admettront! Mais c’est souvent le ventre en charpie qu’ils passeront le pas de la porte. Toujours est-il que le coach m’a confié que deux nouvelles étaient impressionnées de me voir aller dans le gym la semaine dernière. Moi? Il doit certainement y avoir une erreur… Impossible! Je n’ai rien à offrir; bien au contraire, j’ai tout à gagner! Alors pourquoi diable me vouer ce « regard admiratif »?

N’ai-je pas mentionné plus haut que mon regard justement admiratif devenait souvent mon leitmotiv pour agir? Oh! Grande découverte! Et si je n’étais pas un être si biscornu et que d’autres humains fonctionnaient de la même façon que moi dans leurs apprentissages?

Mais reste que d’accepter ce regard peut représenter un obstacle majeur… Accepter la reconnaissance peut être extrêmement difficile. Je banalise si souvent mes succès; je suis passée maître dans cet art! Ainsi, il n’est pas rare de m’entendre dire que je n’ai pas de mérite à l’entraînement parce que j’aime ça, que tout le monde peut le faire, qu’une telle autre fait beaucoup mieux que moi, que je ne cours pas vite, etc. C’était la première fois que j’étais « consciente » vraiment, confrontée à une réelle marque de reconnaissance au gym. Et j’en ai d’abord été gênée… Pourquoi est-ce si difficile d’accepter les compliments? Et puis j’ai consciemment décider de changer d’attitude. C’est donc ainsi qu’à la gêne est venue se greffer la fierté. Un petit coup pour l’estime personnelle, je l’avoue!

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Pour 2016, je vous souhaite d’être conscients, de reconnaître le wow des autres, de propager et de divulguer vos commentaires positifs! Ils aideront certainement de petites estimes personnelles à se reconstruire… Oserez-vous?

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