Le texte que vous vous apprêtez à lire a été rédigé et publié pour le compte de Karine Champagne et ses Mères veilleuses (MV)!

Je suis une artiste, moi, mesdames. J’excelle en musique, en bricolages hétéroclites et en joaillerie artisanale. Toute ma vie on m’a qualifié de bombe créative, de femme dynamique et explosive. Mais jamais, accolé à mon prénom, résonnaient les échos du mot « sportive ». Pourtant en analysant les combinaisons utilisées pour me décrire, plusieurs pourraient se déployer et prendre leur envol dans le sport. Vraiment.

Je suis à l’Université lorsque je mets les pieds dans un gym pour la première fois, pour suivre un ami. J’y découvre les poids, les machines et… le tapis roulant. À mon plus grand étonnement, je tombe littéralement en amour! C’est que mon alliée de tous les jours m’aide: les notes emplissent mes oreilles et me saoule de bonheur à chaque séance. Je fais ensuite la rencontre sur « cassette vidéo » de l’inspirante Josée Lavigueur qui fera partie de mon quotidien pendant longtemps. Enceinte du premier, je fais du « tae boxe » tout au long de ma grossesse. Oups, deuxième grossesse, de petits problèmes de santé surviennent. Rien de grave, mais demeureront surtout des séquelles physiques proéminentes et disgracieuses, qui me hanteront des années durant.

Je retrouve tout de même le désir associé à la course, alors que les enfants grandissent un peu. Mais un constat majeur s’impose: je n’ai aucun talent inné pour ce sport. Je tiens tout de même à mon ultime objectif: courir 21 km. Excessive étant mon deuxième prénom, je persévère. Je rage, j’hurle mes défaites, je nage dans le mécontentement associé à mes temps. Mais mes mots demeurent: j’aime courir. Un peu contradictoire, n’est-ce pas? C’est tout à fait moi… Le tout s’explique peut-être par la synergie créée entre la course et ma musique, ma comparse encore et toujours…

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Je découvre le crossFit dans la trentaine. C’est l’extase, le bonheur en fonte, la complicité exprimée en kilos à soulever. Quoi? Moi, je suis forte? Je « lift » fort? Oh; en voilà tout un constat… Intérieurement oui, je l’avoue, je suis emballée par cette nouvelle découverte. Je remarque aussi que la peur est un élément de motivation pour moi. Le coach utilise d’ailleurs avec beaucoup de finesse cette arme redoutable pour me faire progresser. Chaque nouvel exercice un peu atypique, voire insolite, me hante. Mais un fait demeure: je découvre tout ce que mon corps peut faire. Quelle dose d’adrénaline électrisante! Cette fois ma complice tonne fort dans le gym au complet. Mes oreilles jouissent de leur plus délectable plaisir, sans les écouteurs. C’est qu’ici, ils deviennent tout à fait accessoires!

En persévérant, en intégrant le yoga (celui contre lequel je pestais tellement!) et en serrant les dents malgré moi parfois, je réussis, en 2014, à atteindre mon objectif. Je suis une demi-marathonienne!!! La course a été ardue, mais mon alliée de tous les instants m’a soutenue tout le parcours durant. Drôle de coïncidence, le iPhone meurt quelques pas dépassés la ligne d’arrivée. J’ai l’impression, littéralement, que le même sort est réservé à mon énergie, à mes jambes, à mon corps tout entier…

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J’ai été longue à reprendre la course. La notion essentielle à son déploiement s’étant subtilement envolée, je n’éprouvais plus aucun plaisir à courir. J’étais accro aux chronos, aux kilomètres, à la compétition face à moi-même. Mais je me suis levée un matin, l’idée ferment ancrée au fond de mon cortex: ramener, dans les orifices latéraux de mon crâne, la musique seulement. J’ai OSÉ sortir sans chrono, sans indicateur de kilomètres dans les oreilles. Depuis, je n’ai plus jamais cessé de courir!

2015 aura été salvatrice. J’ai osé partout… J’ai franchi la ligne d’arrivée d’une course de 7,5 km où 40 obstacles se sont dressés devant moi. Je les ai tous franchi… avec un peu de facilité, si j’ose l’avouer. Oh certains n’ont pas été franchis très élégamment ou de manière un peu non-conventionnelle. Mais existe-t-il une seule façon de faire dans la vie? La variété… Ne contribue-t-elle pas à pimenter notre existence?

J’ai osé essayer le yoga aérien. À ma grande surprise, j’ai pu me hisser très haut sur l’étoffe. J’avais confiance en mon dos, mes bras, mes épaules. Toutes ces parties de mon corps ont su répondre présente. Merci les filles! Quel bonheur de réussir une position renversée! J’ai osé aussi une autre posture renversée, cette fois au yoga. Quelques séances plus tard, après d’élégants effondrements sonores au salon, j’ai saisi. J’ai osé faire confiance à mon « core », à mes bras. Eux aussi ont entendu mon appel.

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Mais surtout: j’ai confiance en ma tête. Que ce soit à la course le matin, au yoga le midi ou au crossfit le soir, tous les jours je remercie mes neurones. Le sport me garde la tête alignée sur la réalité. Une bonne dose d’endorphine pour stimuler l’envie de continuer, de se dépasser, de briller…!

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