Excessive, je suis. Voilà, c’est affirmé et presqu’assumé. Je dis presque parce que… Ce n’est pas toujours rose, l’excessivité! Ça se manifeste dans différentes sphères. Des exemples? Au travail, si je n’exécute pas trois tâches en même temps, j’ai l’impression de ne rien faire. J’aime cocher les éléments accomplis lorsqu’ils sont alignées sur une longue, longue, voire interminable liste. Les enfants doivent bouger, éveiller leur créativité musicale, bien manger, accorder les verbes aux bons temps dans leurs phrases… Vous imaginez comment cela peut se traduire à l’entraînement? Jamais assez lourd, trop lentement et, évidemment, impossible de sauter un précieux entraînement. Ce serait un véritable sacrilège!

C’est comme ça aussi, dans votre tête?

C’est ainsi qu’un soir, la semaine dernière, je ne me surprends nullement à me hisser sur mon tapis roulant, malgré la fatigue et la faiblesse autant musculaire que neuronale. Ça va me faire du bien, me dis-je…

Erreur…

La course en intervalles prévue à l’horaire ne fonctionne vraiment pas tel que prévu. Je suis au bout de mon souffle après 3 minutes, mes jambes veulent se dérober sous mon poids et surtout, mon mental demeure bien ancré dans le Jell-O. Aucune coopération, d’aucune partie de mon corps. Je tente mes intervalles malgré cette réalité qui se présente à moi. Rien à y faire: j’ai besoin d’un repos passif après chaque mince séance active. Non, ça ne va vraiment pas. Je me sens si lasse…

imageJe me trouve des excuses pour ce qui est en train de m’arriver: j’ai mangé trop tard ce midi, je manque de carburant, j’ai faim, j’ai soif, je suis fatiguée, c’est l’heure de faire le souper, je devrais avoir teminé… C’est impossible que ce ne soit qu’une mauvaise journée. Beaucoup trop simple et totalement impossible!

Dans ma tête, le petit ange me dicte d’arrêter, que ce n’est pas un entraînement de moins qui fera une différence, que je peux être fatiguée, que j’ai le droit d’arrêter. D’un tout autre azimut, le petit diable affirme que je n’ai pas été éduquée en lâcheuse, que si j’arrête comme ça quand bon me semble je n’arriverai jamais à rien, que rien qu’à voir ma performance, j’ai clairement besoin d’entraînement…

J’aurais pu, il aurait fallu que je me dise non. Que je me donner le droit d’arrêter. Mais comme une mule idiote, j’ai continué. Je me sentais totalement impuissante, désemparée devant les rouleaux qui semblaient rouler vers l’infini. Je ne savais pas comment me donner le droit d’arrêter, sans me détester ensuite devant le mirroir. J’aurais eu besoin qu’on me donne le droit. What? Incapable de m’autoriser une telle décision. C’est fort le mental, hein?

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Heureusement, la « dureté du mental », comme dirait l’autre, c’est fort du bon côté comme de l’autre. Ce qui fait que, à la suite de cette cuisante défaite contre moi-même, j’ai consenti à m’accorder une semaine de vacances d’entraînement. Mon corps tout entier le réclamait. À un moment donné, ça fait du bien de lâcher du leste dans la planification si serrée et la rigidité des entraînements. Je reviendrai en force! Mais pour le moment, je respecterai les signaux de mon corps. Sagesse?

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