imageL’engouement pour la course est de plus en plus présent. Pourtant plusieurs ressentent encore le syndrome de l’imposteur, même en pratiquant régulièrement ce sport depuis quelques années. Pourquoi?

Je cours depuis 2010. J’ai commencé à jogguer parce que je voulais faire 21km en courant. Juste ça? Bin oui, « chu de même moi »… En lisant cette phrase, certains se diront effectivement juste ça, alors que certains autres liront ici une intention ironique. Parce que c’est vrai; pour quelques coureurs, c’est bien peu. Alors que pour d’autres, c’est aussi impensable que de grimper l’Evrest.

Certains diront que c’est à la portée de tous. D’autres affirmeront que c’est réservé à un petit pourcentage de coureurs assidus et déterminés seulement. Est-ce pour cette raison que l’imposture est si fréquente?

Je pensais que l’imposteur Posteur, présent dans ma tête, irait terminer sa balade dans les oubliettes de mon cerveau à la suite de mon accomplissement personnel. Et bien non. Posteur est encore bien présent. Il refuse d’aller enquiquiner un autre coureur. C’est qu’il l’aime bien mon cerveau; il le nourrit tellement bien de doutes, de déceptions, de scepticisme…

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S’entraîner pour courir une distance X demande rigueur et discipline. Vent, pluie, neige ou facteur éolien n’y changent rien. GO! Loin d’être infaisable, un entraînement pour un objectif s’impose tout de même par sa stature: il requiert du temps et de l’investissement. C’est un fait: atteindre un but demande de la discipline. Mais parfois la discipline, c’est lassant. On voudrait tout envoyer valser, nous aussi, et juste écouter la dernière série dont tout le monde parle au bureau!

Plusieurs trouvent nos entraînements excessifs. Ils trouvent que c’est égoïste de vouloir passer autant de temps avec nous-même. Vraiment? Certes, c’est un choix. Quelques uns expriment alors leur désaccord avec une grande verve. Oh, ça sonne parfois comme bien anodin: « Tu sors encore courir? », « On sait bien, toi… », « Pourquoi tu fais tout ça? », « Ça prend tellement de temps, t’as pas de vie sociale? », « Tu vas devenir musclée comme Hulk, arrête ça! », « Ah, moi, je n’ai pas le temps de m’entraîner. Je dois être présente pour mes enfants. » Juré, j’ai entendu tout ça; même la dernière. Ça marque…

imageÇa prend parfois tellement d’espace, que je n’entends plus les encouragements: « Wow, continue! », « Sors courir, on soupera plus tard », « Tu as toute mon admiration! », « Tu es tellement inspirante! » … Pourquoi chacun ne se contente-t-il pas de s’impliquer dans ce qu’il croit? À chacun sa passion, non? Si certains y voient de l’excès, d’autres y voient de la détermination, la simple distance entre maintenant et l’objectif à atteindre. Voilà tout. Cette attitude accablante est loin de freiner Posteur. Au contraire, elle lui donne de l’ampleur…

Alors même si Posteur vient faire un tour dans mon cortex parfois, c’est lui que je tente d’envoyer valser. Pas ma discipline. Parce qu’à chaque embuche, je trouve le moyen de remonter en piste. Je fais le choix de sortir m’entraîner, le choix de ne pas écouter ladite dernière série à la mode. Faire taire Posteur relève quand même parfois de l’exploit, tant il peut crier fort. Mais le meilleur moyen que je connaisse est encore d’enfiler mes runnings et de me coiffer de mes écouteurs. Pour entrer dans ma bulle, bien sûr, mais aussi pour m’aider à ne voir que les « high five » distribués par les autres sportifs que je croiserai en chemin!

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