Je suis ainsi faite. Que ce soit dans ma vie personnelle ou professionnelle, j’ai toujours besoin de me dépasser. J’aime l’action : l’inaction me tue. Cette partie de moi-même m’a suivie cette année, jusqu’en vacances avec ma famille. Et oui!

Je déteste l’eau. Ça aussi, c’est ainsi. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais peu importe, j’apprends à vivre avec ceci. Par contre, en allant à Sandbanks cet été, j’ai voulu relever un défi majeur : faire du paddle board. C’est que cette planche était disponible, avec la location du chalet. J’ai sauté sur l’occasion, sur ce qui allait devenir mon «must» de l’été, pour me démener encore un peu et ainsi arriver à réussir ce nouveau challenge. BAM!

Avant le voyage, j’ai beaucoup visualisé. Je me suis vue tomber à l’eau, sans paniquer, puis remonter calmement sur mon «jouet amusant». Je me suis imaginée souriante, naviguant doucement sur un lac magnifique, le plaisir tatoué sur le sourire. Pendant 6 mois, j’ai revu ces images en boucle dans ma tête.

Si bien que la première matinée où nous avons pu admirer le soleil surplomber le lac majestueux, j’ai succombé. C’est comme si j’avais absorbé cette énergie dégagée par la boule de lumière. Je me sentais fin prête à dompter la planche. Dans le meilleur anglais possible de fille nerveuse que j’étais, j’ai donc baragouiné au commis de service que j’avais un peu peur, mais que je tenais à essayer. «Ah! It’s so easy; you’ll do it as a champion!» , qu’il me dit. Ouin, ouin…

Val paddle dosÔ joie : le lac était peu profond et ce, sur plusieurs mètres devant moi. Alors même si je versais à l’eau, je toucherais le fond. Rassurant. C’était un matin parfait, où le petit vent n’amenait aucune vague sur son passage. Là encore, j’étais choyée. J’ai commencé par m’agenouiller sur mon bolide à rame. Hummm… Pas si difficile! J’ai pris rapidement confiance, à ma plus grande surprise. Je me suis donc rapidement retrouvée debout! Et puis j’ai vécu ce sourire et cette plénitude que je voyais dans ma tête, depuis 24 semaines… Je ne suis pas tombée, avancer était facile, tout comme l’équilibre à maintenir, mais surtout, j’avais du fun! La cohésion orteils- genoux- abdos allait bon train. J’avais déjà relevé mon défi. On venait d’arriver…

Zut, ça ne pouvait pas être si facile.

Évidemment, il fallait que je pousse le bouchon! Je regardais la bouée blanche au loin, celle qui indiquait la partie où l’eau était profonde. Je savais que le next, c’était d’aller faire le tour dudit marqueur de hauteur. J’ai choisi la journée la plus venteuse pour le faire. GO! Mais avant de me lancer, j’ai bizouné un peu en eau peu profonde avec mes gars autour, en kayak, question de me donner confiance. Est arrivé ce qui devait arriver : combiné à une vague prise de côté, l’assaut de mon fils sur ma monture m’a fait chavirer. Une vilaine chute. Petite panique en réalisant que mon visage allait être englouti sous l’eau. Mais rapidement, j’ai compris que je touchais le fond. On respire et on remonte. Hop! Retour sur l’objet de mon désir, maintenant assouvi en partie. C’était le moment.

J’avais l’impression d’avoir une mission à mener à terme. J’étais concentrée sur ce quePaddle Val j’avais à faire, à comprendre comment jouer et ressentir les vagues. Un coup à droite, deux coups à gauche. Le vent me ralentissait et me faisait dévier rapidement. Mais je gardais le cap; je tenais bon. Ce n’est qu’une fois la couleur de l’eau changeante, à l’approche de la chaudière blanche qui servait de marque-place, que j’ai saisi qu’à partir de ce moment, je ne toucherais plus le doux sable du lac, si je perdais pied. Petite panique intérieure, faisant rapidement grimper mes fréquences cardiaques… Mais j’étais déjà tombée, je savais comment remonter. On respire, et on avance.

C’est sans embûche que j’ai réussi à contourner ce que je voyais comme le trophée des océans. Au retour, bien qu’ayant le vent comme allié pour me ramener vers le rivage, il m’a fallu tout de même m’habituer à ne pas savoir à quel moment une vague allait potentiellement me déséquilibrer. Rien de moins régulier que les vagues…

Mais j’ai réussi! Et je suis remontée sur le paddle board aussi souvent que l’horaire familial m’en a donné l’occasion. Je me sentais forte, puissante, en contrôle. Et aussi, très fière de moi. Feeling tellement grisant!

J’ai retenu 2 leçons de cette aventure : si j’étais fâchée contre mon fils, au départ, de m’avoir fait basculer, j’ai compris que c’était lui qui m’avait montré comment remonter, qui m’avait donc enseigné à me calmer. Quelle sagesse dans le corps de ce grand garçon… 2e constat tiré de cette aventure : j’ai tellement pris confiance, que l’an prochain, je veux essayer la planche de kneebord! Que voulez-vous : addict aux challenges!

Val paddle fiere

 

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