Aller faire un tour de traîneau à chien est sans aucun doute une activité qui stimule la curiosité et ce, que l’on soit natif d’ici ou que l’on visite le Québec lors de nos vacances hivernales. Bien que ce ne soit pas donné, votre sourire fera foi de tous les dollars allongés pour participer. Surtout si vous vous rendez dans un endroit où c’est vous, qui conduirez le précieux attelage. Mais doit-on avoir des cuisses de fer pour apprécier la sortie?

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D’abord oubliez les images de Malamute ou d’Husky au long pelage, qui déferlent en ce moment dans vos têtes. Ces chiens sont plutôt utilisés pour les courses en endurance (où l’on peut se retrouver jusqu’à 2 semaines en piste), où les températures avoisinent facilement les -30° Celsius. Se trouveront devant vous plutôt des Alaskan : un mélange des 2 races fétiches de notre imaginaire, et de lévrier. C’est lui le secret de la vitesse de ces balades stimulantes. Autrement, votre randonnée trainerait en longueur et vous pourriez marcher à côté de vos amis à 4 pattes. « Ils sont dont bien maigres, vos chiens? » Non, c’est le propre de ces chiens ultra-rapides que cette morphologie typique.

Alix et un chien deboutC’est surprenant de voir également que tous les chiens sont sociables. Certains sont même ivres de caresses! Ils souhaitent notre compagnie et cherchent à être en contact avec nos chaudes mitaines. Bien sûr, ils ne sont pas éduqués à la « assis, couché, reste, on ne saute pas… ». À un tel point que certains aiment se dresser sur leurs pattes pour déposer, sans invitation, leur gros museau sur votre torse (ou votre épaule, selon votre grandeur). Leur « hauteur » pourrait ainsi importuner de jeunes enfants non-initiés aux contacts canins.

Apprendre et maîtriser

Avant de partir, on vous donne un petit cours de… 5 minutes. Les consignes sont simples :

  • Déposez les 2 mains sur le « volant » en permanence (pas le temps de prendre un selfie!);
  • Appuyez fermement sur le frein en cas de besoin (vous devez peser autour de 120Luc traineau à chiens livres pour pouvoir vous exécuter sans difficulté);
  • Basculez tout le poids sur le patin droit du charriot, si le sentier bifurque à droite (peu importe l’obstacle devant, les chiens l’éviteront. Le traîneau lui, c’est moins certain…);
  • Courrez derrière dans les petites côtes (ou poussez sur le sol avec un pied), pour aider les chiens (et gardez les mains fermement sur le « volant »!)

« Sur ce, bonne randonnée; suivez le guide! Ah et attention, le 1er virage est un peu sec. Il tourne à 90 degrés » nous lance le propriétaire passionné, qui revenait d’une course de 2 semaines, en Alberta.

Les chiens hurlent littéralement à la lune. Le départ est éminent : eux le savent. C’est impressionnant de voir jusqu’à quel point la meute VEUT partir se dépenser. Pas de maltraitance ou d’obligation : cet exercice représente vraiment une récompense. Mais se sent-on en confiance, nous, pour côtoyer leur énergie débordante?

Let’s get physical?

Prêt, pas prêt, on défait les liens qui maintiennent l’attelage en place : les bras s’éloignent du corps en un rien de temps! On prend la position de squat et on fléchit les genoux pour se mouler aux mouvements des 5 chiens qui courent à l’unisson, avec comme seul objectif de dépasser le traîneau devant eux. On comprend assez vite comment utiliser le frein…

Valérie-Énergie au volantApparaît bientôt le fameux 1er virage, droit devant. « Fils, aide-moi à faire tourner cet engin: penche-toi dans ton siège en même temps que moi! » J’ai beau sortir mes fesses et transférer tout le poids que je peux, ce n’est pas si évident de faire obéir ce « siège sur skis »…

Le guide, en ski-doo, s’arrête un moment, le temps de vérifier que les consignes ont été intégrées de tous et que chacun est ressorti indemne of the virage. Aux dires du spécialiste, derrière nous se trouve l’attelage rock and roll. On le constate assez bien lorsqu’on les voit tourner le coin : ils ont littéralement versé sur le côté.

Mais quand on prend du recul et qu’on analyse le tout, on voit que tout a été pensé. Rien n’a été laissé au hasard dans le pairage « humains-attelage »:

  • Mon conjoint et mon plus jeune ont, dans leur attelage, une petite chienne toujours prête, qui « s’affirme » autant en aboiements qu’en ardeur au travail;
  • Mon plus vieux et moi semblons diriger le kit smooth;
  • Les 2 ados de notre groupe se sont retrouvés aux commandes du team plus hard core.

Rassurant : ils connaissent leurs chiens et savent jauger rapidement les clients pour équilibrer les duos!

Avec un peu de pratique, on constate rapidement nos progrès en tant que musher. On n’a pas tant besoin de se contorsionner derrière, pour piloter. Il s’agit plutôt de mettre du poids sur le patin du côté où l’on souhaite tourner. Et si la 1ere petite côte amène bien son lot de questionnements, à savoir si on aura assez de vitesse pour rembarquer sur les skis après notre petite course pour aider les chiens, elle fait monter également une certaine forme d’adrénaline. À nous de voir quelle intensité on donne à la course, selon la séance d’entraînement de laquelle on a envie!

À mi-chemin, on nous indique qu’il est temps Luc traîneau à chiens bordé sapinsd’échanger les rôles. Par contre, le plus jeune n’aura pas cette chance, étant trop léger pour faire obtempérer les chiens à une quelconque demande de freinage. Les risques d’accidents trop élevés achèvent de bercer sa peine. Même s’il a l’âge requis indiqué sur le coupon, acheté sur un site offrant supposément de délicieux rabais (au final, j’aurai déboursé 40$ de plus pour 4 personnes que si nous avions simplement réservé via l’entreprise…), il semble que ce ne soit pas une réalité se mesurant à l’aide d’une année de naissance.

Le ressenti

Là où nous étions, le jeune propriétaire était doux avec ses animaux. La cabane où se réchauffer et payer notre sortie était propre et très bien entretenue. Une discussion avec l’acolyte du passionné des canidés s’est fait rassurante, quant au fonctionnement de l’endroit. Les 4 pattes les plus mordus de course sortent environ 1 fois sur 3. Il faut dire que la meute est gigantesque; il est donc possible de se permettre d’agir ainsi, de façon à respecter les désirs/capacités de chaque animal. Aussi, par grands froids, les chiens sont transportés dans une remorque spécialisée et dorment au chaud, dans le garage à proximité.

Malgré la balade moins longue qu’annoncée, il s’agit d’une expérience unique, qui vaut la peine de vivre au moins une fois dans sa vie. Vous forgerez des souvenirs magnifiques qui se raconteront encore et encore autour de la table. Surviendront aussi, fort probablement, d’innombrables anecdotes qui sauront animer les discussions entre amis! Disons simplement que par respect pour le grand ado de notre famille, je tairai celle qui nous aura tous fait sourire allègrement…!

Valérie-Énergie!

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